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Mentis Hospitium
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24 décembre 2025

Déjà.

 

 

Nous sommes le 24 décembre. Cette année, Noẽl est doux pour moi. Je dirai que les 5 ou 6 derniers n'ont été que des cauchemars, mais les 2 derniers ont bien été les plus atroces. 

Je le passe seule et ça me fait du bien. J'ai mon menu, mon programme. Je suis heureuse de parvenir à échapper à toutes ces sortes de conventions sociales, coutumes.... Le fait de devoir toujours faire des concessions, des compromis. J'y suis même tellement allergique que je ne ferai plus jamais quelque chose qui me mette mal à l'aise, ou mal tout court.

Je n'envie pas grand monde, pendant les fêtes. Je comprends les rassemblements familiaux, d'autant que beaucoup ne peuvent vraiment voir leur proches que lors de ces dates. Mais je pense aussi que nous avons tous un vécu différent, ce qui fait que beaucoup font des efforts que je ne fais plus et ne ferait plus jamais. 

 

J'ai coupé les ponts avec toute ma famille, et avec d'autres personnes proches. Je ne veux plus d'eux, plus jamais. L'un d'eux meurt ? Enterrez-les sans moi. Je ne me suis pas rendue à la crémation de mon père, car je savais exactement à qui et quoi j'allais faire face. Et ça ne m'intéresse pas. Au début, il y a eu du déni, sa mort m'a choquée. Et lorsque j'ai pris conscience, j'ai pris la décision éclairée de ne pas m'y rendre. 

J'ai laissé ces gens m'injecter suffisamment de poison dans les veines, le coeur. Je considère même que c'est comme ci je me l'était moi même injecté, ce qui est le cas d'une certaine manière. Lorsque tu laisse faire, c'est comme si tu le faisais toi-même. 

 

Je sais que mon discours peut paraître dur, même cruel. Pourtant, c'est la décision la plus douce et la plus aimante que je pouvais prendre. D'abord envers moi, et ensuite envers les autres. C'est tout simplement me libérer, et rendre la liberté à ceux et celles qui n'ont rien à faire avec moi, quelles qu'en soient les raisons. Rester est de la maltraitance pour moi, et garder est de l'égoĩsme envers les autres. Tout le monde à le droit de suivre son chemin en tant qu'individu propre, peu importe.... La gueule du chemin. Qui n'est en rien mon problème, ni mon affaire et encore moins ma responsabilité. 

 

J'ai 48 ans. Certains diraient "ça va !" moi je dis "déjà". Déjà. Je suis à plus de la moitié de ma vie. Je n'ai pas un discours sombre ou pessimiste, je suis au contraire réaliste et consciente. J'en ai pris conscience en voulant partir. C'est là que j'ai compris à quel point la vie pouvait basculer, alors que jamais tu n'aurais pu l'imaginer.

Et il ne s'agit pas d'une réflexion du type "oui on le sait ça", c'est différent, ce dont je parle. Je me sens comme marquée au fer rouge. Ça plane au dessus de ma tête. Je traîne ça comme une amie indésirable, je la visualise comme une nana toute vêtue de noir, super chiante qui marche derrière toi tout le temps, avec son petit carnet noir, et qui te rappelle sans cesse ce que tu cherches à éviter. Cette nana, elle a ma tête. c'est normal de la ressentir comme une ombre, puisque tout vient de moi. 

La vie est courte Angellyca. Toi même maintenant tu sais que tu as le courage d'y mettre un terme. Dit comme ça, c'est peut être juste curieux, pour moi, c'est comme une petite alarme qui m'explique sans cesse à quel point je ne doit surtout plus jamais perdre mon temps. A quel point je ne dois plus jamais me sacrifier. A quel point finalement, tout est si précieux. La plus petite matinée, la plus petite soirée. 

 

J'étais déjà allergique à toutes formes de traditions, de conventions sociales. Aujourd'hui, je sais que je ne peux pas me sacrifier pour leur accorder une quelconque valeur, peu importe pour qui. 
C'est un gros souci de demander sans cesse aux gens de faire des efforts pour suivre des traditions ou/et conventions sociales qui n'ont aucun sens. Parce que ça signifie que ces traditions ou/et conventions sociales absurdes ont encore de longues vies devant elles, avec tous les problèmes et toutes les douleurs qu'elles transportent. 

 

Malheureusement, quand tu appliques ce genre de règles, tu te heurtes forcément soit à des gens qui ne supportent pas que tu n'obéisse pas à leurs petits cacas nerveux, soit à des gens jaloux du fait que toi, tu oses dire non là où eux ne font que rêver de le faire. Dans les deux cas, ont fait appel à ton "bon sens", parce que quand même hein, tu peux faire un effort. Bah non. Ye ne peux pas, ye ne peux plus.

Je ne suis simplement plus de ceux qui rêvent d'oser le faire. Je suis de ceux qui font.

 

Donc je passe Noël seule. Je vais manger ce que je veux, faire ce que je veux, sans tata et tonton, sans les mômes qui gueulent, sans des gens pseudo bienveillants qui te cassent les bonbons les rares fois où ils te voient, parce qu'ils sont choqués que tu n'aies pas encore fait de ta vie une copie conforme de la leur, avec le job alimentaire qui pue, le mari ou la femme, les gosses, la baraque et le chien. 

 

Ma foi, peut être que ça signifie que je finirai seule avec des chats. Je ne prends pas ça comme une fin catastrophique, mais plutôt comme une fin enviable. Est-ce qu'il existe quelque chose de mieux que sa propre paix ? Je ne suis pas attachée aux fins heureuses contées par les masses. J'apprends à m'attacher à ma conception de la paix, du bien-être. 

 

On verra bien ! 

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Angellyca

Moi c'est Angellyca. Je partage tout. Qui que vous soyez, bienvenue chez moi.

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